24 novembre 2007

« Les Mémoires de Zeus » de Maurice Druon

« Moi, Zeus, roi des dieux, dieu des rois, je vais vous conter mon histoire… »

Zeus se réveille après 2 millénaires d’un long sommeil. Mais avant de revenir sur le devant de la scène il va confier à ses fils, nous autres, les humains de la cinquième génération, ses mémoires. Les débuts de la création, avec son grand-père Ouranos. La montée au pouvoir de son père Cronos, celui qui fit tomber Ouranos le créateur et dévora chacun de ses enfants, de peur que ceux-ci lui ravissent son trône. Sa naissance, son enfance cachée, et enfin sa vie en tant que dieu proclamé. Zeus veut tout dire et dit tout.

Avec « Les Mémoires de Zeus », Maurice Druon nous raconte la vie de Zeus, le dieu des dieux, d’une façon très agréable, originale et surtout moderne. La vie de Zeus présentée dans ce livre n’a rien à envier aux magasines people actuels. Le dieu nous déballe absolument tout.
On pourrait se dire qu’il s’agit d’une énième énumération des dieux et mythes de l’Olympe, pompeuse et rébarbative. Mais non. Certes il s’agit d’une leçon de mythologie, tous les mythes sont revus, nous redécouvrons avec plaisir les dieux grecques, mais nous arrivons à travers les lignes à leur donner plus de personnalité. Elles sont loin les représentations statiques, ici nous les voyons évoluer dans leur milieu, et surtout s’épanouir.
Le style est réellement moderne et léger. Durant toute la lecture nous avons droit à un florilège d’histoires de familles, d’amour, de conflits. Zeus nous parle, car il s’adresse à nous directement, de toutes les périodes de sa vie. Nous le prenons en affection alors qu’à peine né il vit caché en Crêtes. Puis nous découvrons quel séducteur il fut, collectionnant les conquêtes, et engendrant une descendance qui n’a jamais connu d’égal. Nous le voyons douter, s’affaiblir face à certaines difficultés, puis revenir plus fort que jamais et reprendre les rennes de sa fonction.
Quand je dis que cet ouvrage n’a rien à envier à des magasines type Gala ou Voici, je pense que je ne suis pas loin de la vérité, les histoires d’amour remplissent les deux tiers du roman et si Zeus venait à avoir le même rythme de vie à notre époque, il ferait souvent la couverture de cette presse, sacré coureur de jupon qu’il est.

Maurice Druon nous offre donc un Zeus humain, aimant prendre le plaisir là où il se trouve, et tant qu’à faire avec de belles déesses, notamment Aphrodite dont le portrait n’est guère glorieux quant à sa personnalité, et les plus belles mortelles avec lesquelles les demi-dieux verront le jour.
Mais le dieu n’est pas qu’un être volage. Il a sous sa gouverne les onze autres dieux qui doivent aider la création et l’humanité à évoluer. Il les surveille et un peu comme un président avec ses ministres, il attend d’eux des comptes sur les objectifs fixés. Il arbitre et tranche sur les décisions à prendre, essaie de gérer au mieux pour remettre de l’ordre dans le beau foutoir que son père avait laissé. La vie d’un dieu n’est vraiment pas de tout repos.

« Les Mémoires de Zeus » est donc un roman fort plaisant. Si vous avez une attirance particulière pour la mythologie alors n’hésitez plus et plongez avec délices et plaisir dans ces mémoires.



Ed. Bragelonne – 1967

Fête du Livre - Porquerolles

Cette petite fête, qui s'est tenue les 3 et 4 Novembre dernier, fut fort sympathique.
Je ne ferai pas un grand compte rendu comme j'en ai l'habitude, car sur la manifestation en elle-même je n'ai pas grand chose à dire. Contrairement aux grands salons, comme à Brive ou à Mouans Sartoux, ici c'est plus un moment de tranquilité où les lecteurs peuvent venir rencontrer les auteurs sur la petite île de Porquerolles. Discuter sur un ouvrage au bord de la mer, surtout quand le temps s'avère être très agréable, rien de mieux ^_^. Je vous invite à venir à cette manifestation l'année prochaine, si vous êtes dans le sud. Rien que pour le cadre, le déplacement vaut le détour !


Pour ma part, ce fut l'occasion de passer un très bon moment en compagnie de Bernard Werber et de faire une belle rencontre avec un auteur que je ne connaissais pas jusque là, Dominique Jongbloed. Egalement d'avoir la chance de rencontrer Mylène Demongeot.
Bientôt je vous reparlerai de Dominique Jongbloed, écrivain et explorateur, et surtout de ses écrits. Je pense que certains d'entre vous aurons, par la suite, la curiosité de se pencher sur ses livres.


Je sais que je m'y prends un peu tard, mais voici mes remerciements.
Tout d'abord je tiens à encourager et à remercier les organisateurs de cette fête. Ce genre d'initiative est fort rare, continuez à offrir ces instants précieux aux lecteurs. A l'année prochaine !
Merci Bernard pour ta compagnie.
Et enfin, merci Dominique et Olga, j'ai été super heureuse de vous rencontrer. J'ai hâte de vous revoir (sans contre temps cette fois ;)) ! A bientôt !

14 novembre 2007

« L’Ultime Secret » de Bernard Werber

Qu’est-ce qui nous pousse à agir ?

Dans la continuité du cycle des aventuriers de la science, voici « l’Ultime Secret » ou l’exploration d’une partie de l’homme encore mystérieuse : le cerveau.

Samuel Fincher, célèbre neurochirurgien de la Côte d’Azur, vient de remporter l’ultime championnat d’échec. Il a réussi à battre Deep Blue IV, un ordinateur hyper perfection, à la pointe de la technologie actuelle. Une machine capable de surpasser, soit disant, le cerveau humain. Malheureusement pour elle l’homme a encore beaucoup de ressource et n’est pas prêt à s’incliner devant une machine. Car qu’est ce qui pousse les humains à agir ? « C’est au cœur de notre cerveau qu’il faut chercher la source de tous nos comportements » et notamment dans nos motivations.
Mais après cette écrasante victoire contre Deep Blue IV, Samuel Fincher est retrouvé mort dans les bras de sa femme, le top model Natasha Andersen. L’homme serait mort de… plaisir. Lucrèce Nemrod, pigiste pour le magasine « Guetteur Moderne », et Isidore Katzenberg vont tenter de découvrir ce qui a réellement causé la mort du docteur Fincher. Pour Lucrèce il s’agirait d’un assassinat. Les voilà partis pour Cannes à la recherche du présumé assassin. Leur périple, qui les emmènera jusque sur les îles de Lérins, les plongera dans les mystères du cerveau humain.

Après « Le Père de nos Pères » et l’enquête sur les origines de l’homme, Lucrèce et Isidore vont explorer les motivations qui nous poussent à aller de l’avant. Mener une nouvelle fois comme un polar avec cette enquête sur la mort du neurochirurgien, ce récit nous pousse dans notre tête. Car qu’est ce qui nous motive réellement ? Nous avons tellement été conditionnés par le système que nous ne faisons plus attention à nos propres motivations. Pour être accepté dans le lot, nous restons sur des désirs universaux : fonder un foyer, avoir du confort, avoir un travail, et rester dans le même rang que les autres sans se faire remarquer. Mais nos motivations, enfouies tout au fond de nous, sont bien plus complexes quand on y regarde de plus près. Celles-ci, diverses et évolutives dans le temps, nous poussent pour nous amener à un état de conscience plus élevé. « L’Ultime Secret » dresse une liste de celles-ci, de la plus primaire à la plus élaborée.
Mais là je m’égare, revenons plutôt à ce très bon roman. Tout au long du récit, nos deux héros vont aller de surprise en surprise jusqu’à la révélation d’une découverte scientifique réelle. Une nouvelle fois les genres se bousculent, pour la plus grande joie du lecteur. Il y a tout ce qu’il faut pour nous tenir en haleine et nous amener à un extraordinaire dénouement. Un savant mélange de suspens, d’amour, d'humour, de philosophie, et de science, pour un récit sur les mystères que renferme cet organe essentiel qui ne pèse qu’un petit kilo, cette partie de notre corps dont nous ignorons encore énormément de choses.

Faire le point sur nous-même, sur nos désirs, même les plus secrets, voici à quoi nous amène « l’Ultime Secret ». Comme à chacun de ses romans, Bernard Werber continue son exploration de l’humain, espèce si étrange et complexe. Ce roman est une nouvelle porte qui s’ouvre pour notre prise de conscience et nous pousser à voir le monde, à nous voir autrement. Un magnifique voyage dans les méandres de nos neurones.

« Au fait… qu’est ce qui me motive vraiment pour entreprendre tout ce que j’ai entrepris ? Qu’est ce qui me pousse à agir ? »



Ed. Livres de Poche - 2001

12 novembre 2007

« Le Maître du Haut Château » de Philip K. Dick

Quelle aurait été l’Histoire si les Alliés avaient perdu la Grande Guerre de 1939 - 1945 ?

« Le Maître du Haut Château » est une présentation de notre monde dans l’éventualité d’une victoire de l’Axe lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Cette histoire, mettant en scène un écrivain qui imagine ce qu’aurait pu être l’histoire si les Alliés avaient gagné la guerre, se déroule aux Etats-Unis. Le pays est occupé pour la moitié Est par les Allemands, vaste ensemble de camps de concentration selon des rumeurs ; la moitié Ouest est quant à elle sous la domination des Japonais. Le centre est devenu une zone exsangue. Dans ce présent, ce sont les forces de l’Axe qui sont ressorties vainqueurs. Les débarquements ont échoué, entraînant la capitulation des Alliés.

« Le Maître du Haut Château » est un ensemble d’histoires qui se croisent sans jamais se rencontrer. Pourtant toutes ont un lien.
Robert Childan est antiquaire. Il s’intéresse aux objets de l’Amérique d’avant guerre. Habitant de la côte Ouest, il redoute, méprise et admire les japonais et leur domination étouffante. Malgré sa soumission au régime en place, il cherche à construire sa personnalité et à se faire accepter d’eux comme un égal.
M. Tagomi, commercial japonais, veut absolument impressionner son invité, un officier nazi en visite secrète, cachant son identité en se faisant passer pour un commercial scandinave. Il va se mettre en rapport avec M. Childan afin que celui-ci lui propose un objet hors du commun. La vie de M. Tagomi est guidée par le livre des Transformations, il a besoin des conseils de l’Oracle pour prendre chaque décision.
Franck est ouvrier dans une usine dont l’activité principale est illicite. Celle-ci propose des contrefaçons d’antiquités américaines. Après son renvoi il va se lancer dans sa propre affaire et créer des bijoux en métal d’un style nouveau. Pour toucher la clientèle japonaise, il proposera ses créations à l’antiquaire.
Pendant ce temps là, son ex femme Juliana part à la recherche de l’auteur de « La Sauterelle Pèse Lourd », un livre offrant une autre version de l’histoire. Elle va s’amouracher d’un italien qui a pour mission, d’éliminer cet auteur. Elle saura éviter ce drame et prévenir Hawthorne Aberden des menaces qui pèsent sur lui.

« Le Maître du Haut Château » est une uchronie. Philip K. Dick change le réel pour en créer un nouveau et nous amener à réfléchir. Il pose avec ce roman une interrogation sur les fondements de la réalité.
Durant tout le récit, les personnages vivent une réalité, mais le livre « La Sauterelle Pèse Lourd » leur en présente une autre, qui est selon l'auteur la vérité. Une lente mise en abyme va les pousser à admettre que leur réalité n’est qu’une fiction, ce postulat étant doublement appuyé par le livre des Transformations. Cet ouvrage est un roman dans le roman, une uchronie dans l’uchronie, qui nous renvoie à notre propre questionnement. Car nous aussi, tout comme les personnages du « Maître du Haut Château », nous lisons un livre qui nous décrit un monde présenté comme existant.

Comme vous l’aurez compris, « Le Maître du Haut Château » est une nouvelle vision sur le réel. Un livre qui perturbe de par sa forte conviction à nous faire vivre, et surtout accepter une histoire fictive comme possibilité de réel. Alors, vivons-nous à cet instant précis, la réalité ? Ou une immense fiction ? Où se situe la frontière entre les deux ?



Ed. J’ai Lu – 1962

7 novembre 2007

« Les Tribulations d’une Jeune Divorcée » d’Agnès Abécassis

Premier roman d’Agnès Abécassis, « Les Tribulations d’une Jeune Divorcée » est un petit moment de pure délectation. Un petit plaisir que l’on s’offre, tel un morceau de chocolat lors de nos instants de faiblesse, mais sans aucune conséquence pour nos hanches.

La vie de Déborah prend un nouveau tournant. Femme au foyer, soumise à son mari (quelle femme ne l’ai pas), lui passant ses moindres caprices, se retrouve maintenant seule pour élever ses deux filles. En apprenant l’infidélité de Jean-Louis, elle a décidé de divorcer. Aujourd’hui Déborah se retrouve seule pour affronter de multiples péripéties : comment tuer un cafard sans s’évanouir ni fuir en courant en poussant des cris d’hystérique ? Monter un meuble Ikea correctement et en un temps normal (et non en deux semaines). S’occuper de ses deux fillettes et travailler en même temps.
Mais la plus grande épreuve pour Déborah sera : retrouver une vie sentimentale digne de ce nom sans attirer à tous les coups des cas sociaux.

Ce livre, qui est un pur bonheur pour nous les femmes, se déguste comme une gourmandise. Le quotidien de Déborah est une sorte de miroir qui reflète ce que nous avons été, et ce qu’aujourd’hui nous pensons et vivons. Les situations sont tellement cocasses et prévisibles que nous ne pouvons nous empêcher de nous esclaffer à chaque paragraphe. Le rire se manifeste car nous comprenons ce que traverse cette jeune mère divorcée. Entre les soirées pyjama entre filles à raconter les derniers potins, les rendez-vous galants où nous stressons de ne savoir quoi porter, comment nous comporter, quelle image renvoyer à l’autre. Les doutes qui nous assaillent lorsque nous nous retrouvons seule devant la télé, avec pour seule compagne notre mélancolie.
« Les Tribulations d’une Jeune Divorcée » est un livre sur et pour les femmes. Que vous soyez célibataires, mariées, divorcées, avec ou sans enfants, mesdames et mesdemoiselles plongez vous dans ce roman. Nos zygomatiques n’ont jamais été aussi contents d’être sollicités.

Le propos est léger, très pertinent, et on sent un certain vécu dans cette histoire.
Comment ne pas aimer Déborah. Cette jeune mère complètement paumée devant cette nouvelle vie qui s’offre à elle. Mais prête à retrousser ses manches et à se battre pour y arriver. Avec « Les Tribulations d’une Jeune Divorcée », Agnès Abécassis enchaîne situations burlesques et crises existentielles avec brio et un humour sans faille, son personnage principal devenant assez rapidement une icône moderne, la représentante de la gente féminine.

Un livre très actuel, positif, jamais Déborah ne se plaint d’avoir divorcé, elle n’a aucun regret, elle est l’image d’une femme libérée. Une histoire amusante que je recommande à chacune d’entre vous.
Pour les messieurs curieux, n’hésitez pas à suivre les aventures de Déborah. Je pense que ça vous permettra de comprendre et, qui sait, d’apprendre certaines choses sur nous. Je sens que vous êtes encore dans le flou…



Ed. Pocket – 2004

« Le Père de nos Pères » de Bernard Werber

Vous vous êtes sûrement déjà posé cette question : d’où venons-nous ? Qu’est-ce qui a fait que le primate a évolué en homme ?

Le Professeur Adjemian vient d’être assassiné. Pour quelle raison ? Le paléontologue aurait découvert le fameux chaînon manquant, répondant à cette question fondamentale : « d’où venons-nous ? ». Une jeune journaliste stagiaire va s’intéresser de plus près à ce mystérieux assassinat. Lucrèce Nemrod, à force de persuasion, va partir en quête d’indices et remonter la piste de cette théorie avec l’appui d'Isidore Katzenberg, ancien journaliste scientifique, qui vit maintenant reclus dans son château d’eau.
Quelque part en Afrique il y a plusieurs millions d’années. IL fait parti d’une tribu de primates en voie d’évolution. La hiérarchie y est simple : les dominants qui ont tous les droits, dont fait parti le chef de la horde, les dominés et les souffres douleur.
Leur intelligence commence à poindre, nous ressentons les prémices de l’intellect humain. IL se détache petit à petit du reste de la tribu, et va faire l’apprentissage des premiers sentiments, l’instinct commence à laisser la place au raisonnement. Le premier humain serait-il en train d’apparaître ?

Deux intrigues qui vont nous amener au même but, la découverte des origines de l’humanité. « Le Père de nos Pères » est un polar paléontologique, à l’intrigue captivante. D’un côté nous suivons Lucrèce (la petite souris) et Isidore (l’éléphant) dans leur enquête, nous emmenant jusqu’aux confins de l’Afrique. De l’autre nous sommes spectateur de la vie d’un jeune primate qui va faire son apprentissage de la vie.
Jusqu’au dernier mot le suspense est intense, et la fin on ne peut plus spectaculaire. Les interrogations sur nos origines fusent, il est impossible de refermer ce livre sans se poser des tonnes de questions. Certes l’auteur nous offre sa philosophie, mais ce serait trop facile que ce soit la seule vérité possible ! Et un livre de Bernard Werber nous ouvre obligatoirement l’esprit vers d’autres horizons de réflexion.

« Le Père de nos Pères » se présente pas seulement tel un polar, les genres se mélangent et s’enchaînent sans cesse, ce roman devient tantôt conte philosophique, puis enquête journalistique, en passant par le roman d’aventure ou la biographie. Nous ne pouvons pas apposer d’étiquette sur cet ouvrage, si ce n’est qu’il reste dans le pur style de l’auteur. Le duo Lucrèce et Isidore est très attachant de par leurs différences. Les moments d’humour ne manquent pas entre ces deux là.

« Le Père de nos Pères » est le livre que je conseille à tous les curieux. Un roman à la fois éducatif, palpitant, et rempli d’émotion. Une superbe histoire sur nous, les hommes.
Parmi ceux qui liront cet ouvrage, merci de me dire si vous aussi vous avez eu subitement envie d’adopter un petit goret. Ou suis-je la seule ?..



Ed. Livre de Poche – 1998

« Où est le Bec ? » de Gordon Zola

Mais que se cache-t-il derrière ce titre ? « Où est le Bec ? », le bec de qui, de quoi ? Ce « Thriller littéraire et ornithologique » est une petite merveille de suspens, mâtinée d’un humour sans faille.

Guillaume Suitaume, l’inspecteur dont la réputation n’est plus à faire dans l’hexagone, va tomber sur un bec. Un mystérieux serial killer s’en prend au monde littéraire. Enlevant les grandes figures, celles qui privilégient la forme au fond, et qui font de l’écriture le domaine de rares érudits. Deux meurtres aussi tordus que celui qui les revendiquent. Des messages étranges laissés sur les murs ou en guise d’autographe sur la première page d’un ouvrage. Mais qui est ce Bec qui fait tourner en bourrique la police ? Ce drôle d’oiseau, meurtrier et kidnappeur, aussi subtile dans ces assassinats, que dans son humour ? C’est ce que doit découvrir l’inspecteur Suitaume.

« Où est le Bec ? » est un thriller décapant. Dès le début M. Zola (pas Emile, l’autre) nous met dans le feu de l’action ; calembours, jeux de mots, métaphores et périphrases, tout s’enchaîne et se déchaîne à travers le texte. Les rebondissements sont légions, nous suivons cette enquête ainsi que les méfaits du kidnappeur d’auteurs avec énormément d’intérêt.
Je tiens à prévenir dès cet instant, que le lecteur totalement hermétique à l’humour doit, de ce pas, passer son chemin et se tourner vers une autre littérature. La plume de Gordon Zola n’a de cesse de distiller un humour parfois lourd, parfois grinçant, mais toujours aussi efficace. Un humour amené des fois de manière insistante, avec des répétitions de formules mais déformées au fur et à mesure de leur énumération, un sourire niais naissant sur notre visage de lecteur fatigué par une journée de labeur dans la grisaille d’un bureau.

Ce roman doit se prendre pour ce qu’il est, un moment de pure détente et de franche rigolade. « Où est le Bec ? » divertit au-delà des espérances. Un thriller qui vous prend aux tripes… secouées par des fous rires parfois incontrôlables.

Vous recherchez de nouvelles raisons de rire et d’avoir le sourire toute la journée ? Alors jetez-vous sur les livres des Editions du Léopard Masqué. Ce petit félin cachait bien son jeu (et son visage), mais nous autres lecteurs toujours à la recherche de nouvelles émotions avons découvert son secret et son trésor caché !« Quand ce qui prête à rire donne à penser », voici une bien belle pensée.



Ed. Les Editions du Léopard Masqué – 2006

1 novembre 2007

Foire du Livre à Brive la Gaillarde

Me voici de retour de la Foire du Livre annuelle de Brive la Gaillarde. Ca y est je l’ai fait !

Cette 26ème édition du salon de Brive va rendre hommage à Colette, et c’est durant ce dernier week-end d’octobre que va être dévoilé la dernière liste des Goncourts. Je ne pourrai malheureusement pas vous la donner car je n’ai pu assister à la diffusion de celle-ci.


Samedi 27 octobre 2007

Mais commençons par le commencement. Arrivée le samedi midi en Corrèze, me voici parti pour la Foire et la découverte de Brive la Gaillarde, ville que je ne connaissais pas jusque là.
Tout comme le salon de Nancy, celui de Brive est très très fréquenté. D’autant plus que de grands auteurs sont présents durant le week-end. Je ne vous cache pas que je trépignais d’impatience à l’idée de rencontrer Amélie Nothomb. Un rapide petit tour des stands afin de faire un petit repérage et me voilà devant le stand d’Amélie, livres en mains, pour enfin approcher un de mes auteurs préférés.
Amélie arrive enfin avec quelques minutes de retard. La séance de signatures démarre, Amélie est absolument adorable, malgré la vitesse à laquelle s’enchaînent les dédicaces, elle prend le temps de discuter avec chacun d’entre nous. Avec la foule amassée autour d’elle je n’ose demander à l’auteur de prendre quelques minutes pour une photo. Ce ne sera que partie remise car après un moment la voici plus disponible :).

















Amélie en pleine dédicace





















Je me décide ensuite à aller saluer les autres auteurs que je connais. Notamment Catherine Laborde que je n’avais pas revue depuis les Nocturnes en juillet. Toujours aussi gentille, nous prenons le temps de discuter un peu et je craque sur son premier livre qu’elle me dédicace avec plaisir. A côté d’elle se trouve Patrick Graham, jeune auteur de polar dont j’avais entendu parler sur le forum de Plume Libre. Derrière un aspect sérieux et un peu froid au premier abord, Patrick s’avère être charmant et super bavard. A plusieurs reprises nous aurons le plaisir de discuter durant le week-end.
Au détour des autres stands je vais retrouver également Bernard Simonay, rencontré à Nancy, Lola Lafon que j’avais revue à Mouans Sartoux, et faire la connaissance d’Agnès Abécassis auteur des « Tribulations d’une Jeune Divorcée » (un livre que je conseille à toutes les filles et dont je parlerai très prochainement) et de Stéphanie Janicot.

















Catherine Laborde


























































Patrick Graham


Pour une fois ce fut un salon assez féminin contrairement aux précédents. L’après midi passe vite, trop vite, il faut déjà retourner à l’hôtel. La journée s’achève et il faut penser à se sustenter et prendre un peu de repos pour assurer le dimanche.

















l'affluence au salon !


Dimanche 28 octobre 2007


Le dimanche fut un peu plus calme, pas tant dans l’affluence qui fut plus importante encore que la veille, mais pour la course aux dédicaces. Cette journée fut surtout consacrée à discuter, partager des impressions, et aussi trouver un moyen pour rentrer sur Nice… Que je vous explique. J’ai eu la merveilleuse idée de réserver un vol Paris / Nice afin de ne pas avoir à subir un trajet de 12h en train. Pourquoi merveilleuse idée ? Tout simplement parce que la compagnie chez qui j’avais réservé n’a pas trouvé mieux que de faire grève juste ce week-end (vous voyez sans doute de qui je veux parler). De ce fait, en ce beau dimanche ensoleillé, j’essaie désespérément de savoir si mon vol est maintenu. Oh joie ! Celui-ci est annulé ! Me voilà bien, je suis coincée à Brive à moins de subir les fameuses 12h de train (de nuit de surcroît).
Cette journée fut assez physique. Je ne compte plus le nombre d’aller / retour entre la gare et le salon, mais en dehors de ce petit désagrément la journée fut excellente.
Je suis très heureuse d’avoir put me rendre à le Foire du Livre de Brive la Gaillarde. Un salon exemplaire pour son organisation. Il ne manquait qu’une petite chose, la présence de Bernard Werber et ça aurait été parfait. Là aussi ce n’est que partie remise ;).




Petites photos supplémentaires :























Jean-Pierre Foucault























Bruno Masure



















Fin du salon en ce dimande 28 octobre vers 18h


Qui vais-je remercier pour ce week-end ? Tous les auteurs présents, qui m'ont accordé un peu de leur temps :).
Et surtout la compagnie aérienne qui m'a beaucoup aidée !!!!

17 octobre 2007

« Magnus » de Sylvie Germain

« Magnus est un ourson de taille moyenne, au pelage très râpé, marron clair faiblement orangé par endroits. Il émane de lui une imperceptible odeur de roussi et de larmes.
Ses yeux sont singuliers, ils ont la forme et le doré - un peu fané - de la corolle de renoncules, ce qui donne un regard doux, embué d’étonnement. »

« Magnus est un homme d’une trentaine d’année, de taille moyenne, aux épaules massives, au visage taillé à la serpe. Il émane de lui une impression de puissance et de lassitude.
Ses yeux, brun mordoré virant parfois à l’ambre jaune, sont enfoncés dans l’ombre des orbites, ce qui lui donne un regard singulier - de rêveur en sentinelle »

« Magnus », paru pour la première fois en 2005, a obtenu le prix Goncourt des Lycéens. Cette histoire a la saveur d’un conte, d’une longue rêverie, mais aussi une remise en question sur la mémoire.

C’est l’histoire d’un enfant, Franz-Georg, né avant la seconde guerre mondiale. De sa prime enfance, il n’a aucun souvenir. Seuls sont conservés ceux vécus après ces 5 ans. Les souvenirs d’une vie de fuite. Les souvenirs d’une mère tellement attachée à son enfant, pour mieux le délaisser quelques années plus tard. Les souvenirs d’un père trop souvent absent, et qui, lorsqu’il rentre à la maison, ne lui montre aucune forme d’affection.
Pour Franz-Georg, Magnus, son ours en peluche, est son seul confident et le témoin dans sa quête d’identité. Car il va lui falloir tout réapprendre. Sa mémoire ne serait que mensonges. Toute sa vie Franz-Georg va partir à la recherche de ses 5 premières années pour comprendre qui il est réellement, pour combler le trou noir de son enfance.

« Magnus » est construit comme un long monologue intérieur. Chaque phrase est poésie, chaque mot choisi avec soin pour sa sonorité. Sylvie Germain met en avant l’expression des sentiments, le conflit interne que vit le héros à travers ses pensées et ses questionnements.
Le découpage des chapitres y contribue, chacun est un fragment de la vie de Magnus (nom que prendra le personnage au fil de l’histoire, ne faisant plus qu’un avec son confident). Ils sont entrecoupés de séquence, notule, écho, résonances, éphéméride, des scissions dans le récit apportant explications, extraits de roman et même biographie. Un roman sous forme de puzzle où chaque pièce restitue petit à petit les morceaux manquants. Et durant toute la lecture nous suivons le héros, son cheminement dans les méandres de la mémoire fragmentée.
En plus d’une recherche d’identité, « Magnus » c’est aussi l’évocation du mal, personnifié sous les traits du père. Une œuvre à la grâce subtile sur la douleur de la perte.

« Magnus » est une œuvre qui ne laisse pas indifférent. Tout contribue au trouble, la période historique dans laquelle le roman s’inscrit, ainsi que les souffrances de l’âme du héros. Une histoire poignante et pleine de sensibilité.



Ed. Folio – 2007

« Le Mystère des Dieux » de Bernard Werber

Au-dessus des Hommes,
Les Anges.

Au-dessus des Anges,
Les Dieux.

Au-dessus des Dieux,
?


A la fin du « Souffle des Dieux », Bernard Werber nous avait laissé sur de nombreuses portes ouvertes. Concernant la symbolique des chiffres, abordée tout au long de ce cycle, nous avions eu un aperçu du 8, et une évocation légère du 9, nous laissant sur de grandes interrogations quant à la signification de ces deux derniers chiffres. Quelles vont être les révélations de ce troisième opus ? Qui va gagner et gravir la montagne ?
Toutes les réponses sont là, dans ce nouveau tome.

Au début, la promotion comptait 144 élèves dieux. Au fur et à mesure des éliminations, le nombre d’élèves s’amoindri de plus en plus. A quelques instants de la finale ils ne sont plus qu’une poignée. Alors, qui va reporter le jeu d’Y ?

« Le Mystère des Dieux », ce roman tant attendu par les fans, tient toutes ses promesses. Dans le tome précédent, nous avions laissé Michael Pinson face à la révélation d’une deuxième montagne sur Aeden. Celle qui abriterait l’être suprême.
Au début de ce dernier tome nous retrouvons le héros à la veille de la grande finale à Olympie. L’événement qui se prépare nous laisse entrevoir la suite de l’intrigue, un élève va enfin gravir cette montagne et accéder au savoir absolu. Mais, alors que la finale vient de se jouer, nous nous retrouvons dépités. Un grand rebondissement vient changer le fil de l’intrigue, et la peur de ne finalement pas connaître le fin mot de l’histoire vient nous tenailler. Allons-nous apprendre la signification de ce 9 tant attendu ?
Malgré le changement de cap de cette aventure, nous nous laissons entraîner dans les nouvelles péripéties. Les lignes défilent, l’espoir renaît, et nous arrivons enfin au dénouement…
Je ne souhaite pas vous en dire trop. Si je révèle ne serait-ce qu’un élément cela enlèvera tout le charme de ce roman. Tout ce que je peux vous dire, c’est que oui nous apprenons la signification du 9, mais aussi du 10. Et au-dessus du 10 ?..

« Le Mystère des Dieux » clôture magnifiquement la trilogie. Une nouvelle fois Bernard Werber nous pousse à nous questionner sur les mystères qui nous entourent, à travers une très belle histoire pleine d’émotions.
En effet, les sentiments nous assaillent. Ces personnages que nous nous étions accaparés depuis les Thanatonautes nous font vibrer. Nous ressentons leur joie, leur peine, leur frustration,... jusqu’au dénouement final. Arrivés aux dernières pages, nous sommes surpris, et… non je ne dirai pas ce qu’il se passe à la fin. Les mots me manquent pour le décrire, et les émotions ressenties à ce moment de la lecture sont très intenses ! Les dernières pages m’ont, en tout cas, fortement émue.

« Le Mystère des Dieux » est un livre sublime, envoûtant, qui nous pousse de plus en plus loin dans la réflexion. A dévorer sans attendre !



Ed. Albin Michel – 2007

14 octobre 2007

« Une Fille comme les Autres » de Jack Ketchum

Lorsqu’on vous parle d’épouvante, à quoi pensez-vous ? Au monstre planqué dans votre placard, ou sous votre lit. A la créature surnaturelle qui arpente chaque nuit les cimetières abandonnés. Au psychopathe traquant sa proie. Mais avez-vous pensé à votre voisin ?.. à la gentille ménagère que vous croisez chaque matin en allant acheter votre pain ou votre journal ?.. à toutes ces personnes qui nous entourent au quotidien et qui semblent si « normales » ?..

Depuis la mort accidentelle de leurs parents, Megan Loughlin et sa petite sœur Susan se retrouvent orphelines et sans foyer. Heureusement que tante Ruth est là pour les prendre sous sa protection. Mère célibataire, elle va héberger les deux jeunes filles en plus de ses trois fils, Woofer, Willy et Donnie.
Pour tous les gosses du quartier, la maison des Chandler est l’endroit où l’on peut que se trouver bien. Ruth est une mère peu contrariante, contrairement aux autres mamans. Une femme agréable, accueillante, pleine d’humour, et qui offre des bières en cachette aux garçons.
Mais Ruth n’est pas si « parfaite » que ça. Derrière ce portrait de femme cool avec les enfants, se cache en fait une femme aigrie. Une femme qui ne supporte pas les femmes. Qui, quelque part, se déteste elle-même.
Qui pourrait deviner dans ce calme petit quartier, que les cruautés les plus inimaginables, les pires sévices, seront perpétrés dans cette maison ? Qu’entre les murs d’un abri antiatomique, une fille comme les autres sera mise à mort.

Inspiré d’un fait divers arrivé aux Etats-Unis en 1965, « Une Fille comme les Autres » n’est pas un roman dérangeant, il est pire que ça. Jack Ketchum nous plonge certes dans l’horreur, mais une horreur ancrée dans le réel et au monde que nous côtoyons chaque jour.
Le roman démarre comme une histoire de Stephen King. C’est l’été, pour les ados du quartier ce sont enfin les vacances. Les journées se passent entre excursion au ruisseau, parties de base-ball, fêtes foraines, et le Jeu. Puis l’intrigue nous plonge petit à petit dans l’innommable. Nous savons à quel point les enfants peuvent être cruels entre eux, mais quand cette cruauté est autorisée par un adulte… Essayez seulement d’imaginer jusqu’où ils peuvent aller. La jeune Meg elle le sait, elle n’a pas besoin d’imaginer. Enchaînée dans cet abri, elle sait, elle subit, à la merci d’une bande d’adolescents qui ne se rendent plus compte de leurs actes, et d’une mère de famille qui a totalement perdu l’esprit. Cette femme alimentée par sa haine, imaginant les pires tortures dans le but de faire regretter à Meg une chose, une seule chose, celle d’être ce qu’elle est : une femme.

« Une Fille comme les Autres » ne laisse pas indifférent. Ce roman est horrible. Horrible car il dépeint des faits qui se sont passés. A la lecture nous sommes envahis par des sentiments très forts. La haine s’empare de nous, nous avons une irrésistible envie de mettre en pièce certains personnages pour leurs actes, d’autres pour leur absence de réaction. Notre frustration se fait vite sentir, et nous nous retenons de ne pas balancer le livre à travers la pièce. Qu’est ce qui nous retient ? Le besoin de savoir jusqu’où l’horreur peut aller.
Un roman très dur, difficile à supporter, qui vous entraînera au plus profond de la cruauté humaine. Comme le dit Stephen King dans sa préface : « ce roman ne se borne pas à promettre la terreur, il tient ses promesses ».



Ed. Bragelonne – 2007

13 octobre 2007

Interview de Bernard Werber

Mon baptême. Ma première fois. Je ne sais pas comment vous décrire ce... truc.
La toute première fois que je fais une interview vidéo, qui est malheureusement incomplète par manque de temps.
Je me permets toutefois de vous offrir cet instant, qui fut magique, même si le résultat est assez, comment dire, loupé. Surtout concernant la personne qui pose les questions c'est à dire moi.



Interview de Bernard Werber
envoyé par Arlis06

9 octobre 2007

Festival du Livre - Mouans Sartoux

Comme pour chaque salon auquel j’assiste, voici un petit compte rendu.
Contrairement à celui de Nancy, je n’ai pu venir que sur 2 jours, mais deux journées de pur bonheur.

Samedi 6 octobre :

Après quelques minutes de galère pour réussir à garer mon carrosse, me voilà enfin sur place ! C’est tout le centre ville qui est réquisitionné pour le salon, et c’est dans un véritable village littéraire que les passionnés se retrouvent.
Un petit tour vite fait dans la partie roman pour repérer les stands des amis, et récupérer quelques renseignements, me voilà repartie pour le cinéma « La Strada » où dans quelques minutes va se dérouler la conférence de Marc Levy. 50 minutes magiques, consacrées surtout à un dialogue entre l’auteur et ses lecteurs. Certains d’entre eux nous offrirons des instants d’intense émotion.

Marc Levy durant la conférence


La conférence à peine terminée, nous nous retrouvons tous devant le cinéma où Marc doit se prêter au jeu des dédicaces. La file est déjà importante, mais nous passons un petit moment à discuter avec l’auteur. Pour notre plus grand plaisir !




Les dédicaces s’enchaînent assez vite, Marc prend tout de même le temps de discuter avec chacun et de prendre les photos.
Je tiens à remercier les personnes qui viennent dans ce type de manifestation pour râler… Je suis désolée, mais nous autres passionnés aimons partager et discuter avec les écrivains qui nous font vibrer le temps d’une lecture. Donc des fois ça peut prendre un peu de temps. Si ça ne vous conviens pas, la prochaine fois restez chez-vous. Voilà c’était mon petit coup de gueule.

Mon tour étant passé, je file vite vite au gymnase pour retrouver mes chouchous Bernard et Daniel J. Bernard Werber est déjà en plein boulot, enchaînant dédicace sur dédicace. On prend tout de même le temps de discuter un peu entre deux signatures, du coup Daniel en profite pour nous prendre en photo. Finalement je laisse Bernard bosser, pas envie de ralentir la file (et de faire râler les gens, oui oui toujours les mêmes) et je vais voir Daniel qui a lui aussi pas mal de clients. Je suis contente que son premier roman marche si bien !

Bernard Werber

Daniel Angelo

Encore un petit tour dans le gymnase. Je retrouve M. Joseph Giudiciani, rencontré lors des nocturnes. Puis je fais la connaissance de Gordon Zola, auteur de thriller comique, dont j’avais entendu parler sur le forum Plume Libre.
La journée touche bientôt à sa fin. Je retourne donc retrouver mes amis. Bernard s’en va et me donne rendez-vous à 11h le lendemain, au passage il me demande si je ne devais pas l’interviewer… le lendemain justement… « Ben en fait là comme ça à brûle pourpoint... non, je n'ai rien préparé, mais je peux voir pour envoyer une interview par mail ! Ce sera bien non ? »
Mais c'est tellement mieux de vive voix. A ce moment de la journée je me suis dis … « Je peux interviewer Bernard Werber et j’ai rien de prêt, je suis dans la m..... !!!!! Mais c’est la super occasion à ne pas rater !!!!! ».
Je n’ai pas vu le retour, tellement perdue dans mes pensées et cette interview à préparer le soir même.


Dimanche 7 octobre :

La nuit fut courte. Réveil un peu difficile à 8h, je me motive pour être prête à temps et partir au plus tard à 10h de chez moi. Et là le stress monte, monte, monte…
La veille ce fut un peu galère pour se garer, en ce dimanche matin c’est pire ! J’ai passé plus d’une heure à tourner dans le village en quête d’une place !!!! Du coup j’arrive à la bourre.
Daniel m’attendais devant le gymnase depuis un moment. Le pauvre je l’ai fait revenir exprès car je n’avais pas de caméraman pour l’interview. Mais pas de Bernard en vu. Finalement il à l'air à la bourre lui aussi.
Vers midi nous sortons tous les trois du gymnase pour prendre un peu l’air, et c’est parti pour mon baptême. Malheureusement je ne pourrai poser que les premières questions, Bernard est vite rappelé par son attaché de presse. L’heure tourne, il faut aller manger puis à 14h il y a la conférence.
Avec Daniel nous partons de notre côté pour nous sustenter. Mes parents nous rejoignent. Nous avalons un déjeuné en deux deux, pas le temps de prendre un dessert que c’est reparti. Direction le cinéma.
La conférence de Bernard vient juste de commencer. Vite je file me mettre sur l’estrade pour tout filmer.
Comme pour Marc, cette conférence est vraiment très intéressante, et se passe comme celle de la veille. A la fin nous nous dirigeons vers la sortie et les dédicaces. J’ai à ce moment encore un espoir pour finir mon interview. Bernard me propose de m’installer à côté de lui pour la continuer, mais je préfère le laisser tranquille, l’interview ne serait vraiment pas faite dans les meilleures conditions.
Alors que j’attends sur le côté que la séance soit finie, un organisateur vient m’annoncer que Bernard s’en va à 16h15 pour prendre son avion. Il ne reste même pas une heure avant son départ. Finalement, je n’arriverai pas à terminer ce que j’avais commencé, je vais me mettre dans la file pour au moins faire dédicacer les livres du jour et prendre encore quelques photos. Tant pis pour l’interview, ce n’est que partie remise, et là j’aurai plus de temps pour la préparer.



Juste le temps de se dire au revoir et le voilà parti. Promis Bernard je monterai bientôt à Paris, et puis entre temps je vais venir à Brive-la-Gaillarde, ça y est c’est décidé.

Avec mes parents nous retournons au gymnase pour retrouver Daniel. Un dernier tour des stands, encore quelques photos, et le salon de Mouans Sartoux s’achève.


Merci à vous tous. J’ai encore une fois passé un week-end merveilleux en votre compagnie. Vous allez affreusement me manquer, mais à la fin du mois c’est sûr, je retourne en salon.

Merci Marc pour vos compliments et encouragements.
Merci Bernard pour ta présence et ta gentillesse.
Merci Daniel, tu as vraiment un coeur en or, et revenir le dimanche juste parce qu'il me manquait un caméraman me touche énormément.

Merci, merci, merci, merci !!!!!!

Pour le plaisir en voici encore ! ;)

Gordon Zola

Joseph Giudiciani

Daniel Angelo




7 octobre 2007

« Glissement de Temps sur Mars » de Philip K. Dick

Le domaine de la science-fiction m’était jusque là quasiment inconnu. Le côté trop futuriste me gênait. Et pourtant, je me lance enfin et plonge avec délice dans l'univers de Philip K. Dick.
Philip K. Dick était une sorte de génie visionnaire, et pour preuve ce roman, qui lu 40 ans après sa rédaction laisse une drôle d’impression. L’auteur est aujourd’hui une icône pour les amateurs de SF ainsi que pour de nombreux écrivains.

La Terre est surpeuplée, elle est devenue invivable. Petit à petit les terriens se tournent vers Mars. Y créant de nouvelles colonies. A l’opposé de la Terre ils se laissent séduire par le vide de la quatrième planète. Seulement l’O.N.U. contrôle tout sur Mars. Depuis un satellite, l’organisation surveille les colons, mais reste un intercesseur impuissant.
Jack Bohlen est réparateur pour la compagnie de M. Yee. Schizophrène il essaie de se guérir en réparant des machines, des doubles mécaniques humains. De par sa maladie, Jack n’arrive pas à communiquer avec les autres. Mais il va tenter de retrouver le contact avec autrui par un double infantile, Manfred Steiner.
Manfred Steiner est un jeune autiste. L’enfant est tourné vers le futur. Mais bien plus que les événements qui vont se produire, c’est sa propre décrépitude jusqu’à la mort qu’il voit. Son univers est empli de peur et de haine. Manfred s’enferme dans son monde, il n’est plus relié à la réalité qui l’entoure.
Arnie Kott, ancien plombier, est devenu la personne la plus importante sur Mars. Chef du Syndicat des plombiers, c’est lui qui contrôle la distribution de l’eau, denrée trop rare sur la planète. Il se lie facilement avec les gens, car avec le pouvoir c’est lui qui tient les rênes dans les rapports avec les autres.
Après une rencontre fortuite dans le désert, Arnie va faire appelle à Jack pour un projet un peu particulier. Le puissant homme d’affaire souhaite entrer en contact avec le jeune Manfred, car il pense que l’enfant est capable de voir l’avenir. Mais en contact avec Manfred, Jack va voir ressurgir sa propre schizophrénie.

« Glissement de Temps sur Mars » est l’aube de la période « martienne » de Philip K. Dick, qui trouve sa conclusion avec « Simulacre ». Ce livre reprend un thème favori de l’auteur qui est la difficulté de communiquer. Il utilise ici l’organisation de l’espace, et la distance Terre/Mars ainsi que leur totale opposition pour construire son récit et exprimer ce conflit émotionnel. Tout tourne autour des oppositions, chaque élément étant l’exact contrepoint de l’autre. Réel et illusions s’entrecroisent, se choquent, au point que les récits se superposent nous mettant dans un état de perturbation totale. Pour exemple, je ne citerai q’une partie de ce récit où nous avons l’impression de revivre sans cesse le même instant, comme le héros d’« Un Jour Sans Fin ».
Avec « Glissement de Temps sur Mars », Philip K. Dick nous plonge dans les méandres de l’aliénation. Seulement, à la lecture de ce roman nous prenons encore plus conscience qu’en chacun de nous réside l’opposition, et il fait ressortir ce nous-même étrangement inquiétant, tapit au fond de nous et qui ne demande qu’à ressurgir. Notre côté Mr Hyde que nous refoulons.

Si vous aimez les histoires de trouble de la personnalité, je vous conseille vivement de lire ce livre et pourquoi pas de vous lancer dans l’épopée martienne de Philip K. Dick.


Ed. Pocket – 1964

« Les Thanatonautes » de Bernard Werber

« L’homme a tout exploré : le monde de l’espace, le monde sous-marin, le monde souterrain ; seul le continent des morts lui est inconnu. »

Pour Michael Pinson, tout commence avec la mort de son arrière grand-mère Aglaé. A l’enterrement le petit Michael est incapable de verser une larme, ses parents le traitent alors d’insensible et d’égoïste. Comment appréhender la mort, alors qu’enfant il ne sait pas ce que cet instant représente. Mais c’est à partir de ce jour que Michael va chercher à la comprendre. Pourquoi génère-t-elle de telles émotions ? Et pourquoi est-ce pour les vivants un sujet tabou ?
En grandissant il va faire la connaissance de Raoul Razorback. Un jeune garçon étrange qui reste souvent assis sur la stèle de son père au cimetière du Père Lachaise. Il attend que le défunt, qui s’est suicidé en se pendant à la chasse d’eau du domicile familial, ait des choses à lui dire.
L’intérêt pour la mort va aller croissant pour les deux enfants. Puis, le parcours de la vie faisant, ils finiront par se perdre de vue.
Un événement va pourtant les réunir à nouveau. Le Président de la République, M. Lucinder victime d’un attentat, va vivre une NDE (Near Death Experience) et entrevoir les abords du Paradis. Frustré d’avoir été rappelé par les vivants, il souhaite explorer le continent des morts, découvrir ce qu’il se cache au-delà lorsque l’homme passe de vie à trépas. Pour cela il va former une équipe de scientifique. Raoul et Michael seront les pionniers de ce territoire inconnu. Ainsi vont naître les Thanatonautes (terme venant de Thanatos – divinité de la mort – et Nautès – navigateur) qui peu à peu dresseront une carte géographique de ce monde si redouté par les vivants.

Premier livre d’un long cycle, « Les Thanatonautes » ouvre les portes vers un univers totalement inconnu. Qui ne s’est jamais posé La Question ? Qui n’a jamais cherché à savoir ce qu’il y avait au-delà ? C’est une nouvelle fois dans un voyage extraordinaire que Bernard Werber nous embarque. Au fil des expériences menées par les scientifiques, nous entrapercevons le monde qui peut nous attendre après. Et comme eux nous voulons toujours en savoir plus, pousser l’expédition toujours plus loin et voir enfin ce qu’il y a tout au bout.
« Les Thanatonautes » fait partie de ces livres, je ne vous le cache pas, qu’on a du mal à lâcher. Bernard Werber sait faire monter la pression, mais avec douceur et légèreté. Le sujet principal est abordé d’entrée de jeu, et pour l’envelopper l’auteur distille des touches de suspens, d’humour et de romance tout au long du récit. En plus de ce cocktail, l’auteur intègre, en parallèle à l’histoire, les points de vue et théories des différentes religions et courants de pensée par rapport au Paradis. Le résultat, un roman magnifique qui nous emmène en voyage pour une nouvelle destination.

« Les Thanatonautes », au-delà de nous faire passer un bon moment, est un livre qui nous pousse une nouvelle fois à la réflexion. Car bien plus qu’un créateur d’univers qui nous fait rêver, Bernard Werber sait mettre le doigt sur les questions existentielles que nous nous posons tous.
Mais qu’y a-t-il après la mort ?



Ed. Livre de Poche – 1994