15 décembre 2007

« Le 5ème Règne » de Maxime Chattam

D’abord paru sous le pseudonyme de Maxime Williams, « Le 5ème Règne » est le premier roman de Maxime Chattam, auteur aujourd’hui connu et reconnu pour ses thrillers.

Edgecombe, une petite ville de Nouvelle Angleterre, était assez tranquille, sans histoire. Jusqu’au jour où l’Ogre de la côte Est décide d’y élire domicile. Ce tueur en série, aux méthodes particulières, a déjà quelques meurtres d’enfants à son actif. Depuis la mort du petit Tommy Harper Edgecombe vit dans la peur de voir ses enfants disparaître un à un.
Ils sont cinq adolescents, un groupe typique de l’Amérique formé de Sean le Rêveur, Lewis le petit gros qui subit les railleries de ses camarades, Zach le dur, Eveana jeune fille de bonne famille et Meredith la débrouillarde. Ils auraient du se méfier, ne pas se balader à la nuit tombée dans les rues de la ville, allant à l’encontre du couvre feu instauré par le shérif. Cinq ados seraient-ils assez forts pour affronter le tueur ?
Un soir ils partent en expédition dans le grenier du grand-père de Sean, espérant y débusquer quelques trésors. Ils n’auraient jamais du trouver le livre. Et maintenant qu’ils ont tourné les pages de ce vieux grimoire poussiéreux c’est le Mal absolu qui fond sur Edgecombe. Les éléments vont se déchaîner, amenant des hommes étranges cherchant à anéantir la bande de Sean. Que referme ce livre oublié de tous ?

« Le 5ème Règne » pourrait être présenté comme un énième roman de Stephen King. Tous les éléments utilisés habituellement par le grand maître de l’horreur sont là. La bande d’ados avec en son sein le souffre douleur, un élément déclencheur appelant le mal, et des méchants qui veulent asseoir leur suprématie sur le monde.
Avec ce premier roman Maxime Chattam surfe sur une intrigue déjà lue et relue à travers l’œuvre de King. Dès les premières lignes on ne peut pas ne pas faire le rapprochement avec « Ca », il ne manque que le clown et ses ballons diaboliques.
Nous pouvons excuser ce manque d’originalité au fait qu’il s’agit justement d’un premier roman, les inspirations transpirent au fil des pages.

Ce livre reste malgré tout bon. Le style est entraînant, nous nous laissons guider et suivons les adolescents dans leur aventure ésotérique. Mais il y a des longueurs à déplorer. Tant que l’histoire se tient à la série de meurtres inexpliqués perpétrés par l’Ogre, Maxime Chattam arrive à canaliser notre attention, mais l’intrigue s’essouffle très vite. Il est très difficile de rester sur le fil du récit, et l’auteur jongle trop avec les genres. « Ca » nous a donné des sueurs froides, nous empêchant de dormir certaines nuits, « Le 5ème Règne » reste quant à lui une petite histoire guère effrayante. Malgré les mésaventures des personnages, nous n’arrivons pas à être émus par ce qu’il leur arrive, restant spectateurs de leurs malheurs. Les personnages manquent d’épaisseur, les jeunes enfants sont attachants mais sans plus, et que dire de ceux qui représentent le mal. Ils sont une bien piètre caricature du monstre, qui caché dans notre placard ou sous notre lit, nous faisait trembler de peur.

Ce livre reste un bon divertissement, il aurait fallu qu’il soit moins long pour garder un certain charme. « Le 5ème Règne » s'adressera surtout aux fans de M. Chattam.



Ed. Le Masque – 2003

1 commentaire:

Decipher a dit…

Je suis entièrement d'accord avec toi. Ce roman se lit bien, malgré quelques longueurs mais surtout l'influence du King est bien (trop)présente, comme chez beaucoup d'auteurs de cette génération. Dans le cas présent, elle n'est pas "digérée", on a vraiment l'impression de lire un inédit (moyen) du maître. On peut également être déçu quand on lit ce livre après les autres romans de Chattam et notamment "Les Arcanes du Chaos".
La marge de progression était grande...que de cheimin parcouru!!!